Les
Ponts sur la Seine à Paris |
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| ActualitéL'exposition
s'inscrit dans une actualité renouvelée qui, en moins d'une décennie, nous a permis
d'assister à la naissance de trois nouveaux ponts. Depuis l'inauguration, en 1996, du pont Charles de Gaulle, envisagé en son temps comme le dernier, d'autres projets ont vu le jour : la passerelle de Solferino, entre le jardin des Tuileries et le musée d'Orsay, dont l'inauguration est prévue pour octobre 1999 et la passerelle Bercy Tolbiac, entre le jardin de Bercy et la bibliothèque nationale de France, dont le projet lauréat du concours vient d'être rendu public, et dont la réalisation est prévue pour 2001. Par ailleurs, une campagne de restaurations des ponts est engagée depuis que la Ville de Paris en est devenue propriétaire en 1988. Après les travaux tant remarqués du pont Alexandre III, puis du Pont-Neuf, l'année 1999 voit notamment la réfection du pont Notre-Dame. Ces travaux s'accompagnent de la mise en lumière des ponts du centre. Les ponts de Paris constituent un thème " éternel ", souvent décliné. Traités généralement sous l'angle trop exclusif d'une démarche monographique, ils constituent, leur identité topographique, un ensemble à considérer comme tel. Cette exposition s'attache à éclairer notre connaissance historique des ponts parisiens existants ou disparus d'un point de vue constructif, architectural et urbanistique. Elle s'intéresse également à l'imaginaire lié aux ponts dans la création artistique et architecturale. Les thèmes Le propos s'articulera autour de quatre thèmes1 - Construire les ponts La construction de ponts a connu de multiples perfectionnements, encouragés par la recherche de solutions plus résistantes. Du Moyen Age au XVII ème siècle, les méthodes de construction ont peu évolué. Mais dès le siècle suivant, les solutions nées de l'inventivité des ingénieurs, permirent de rationaliser les chantiers. Dès lors, l'émergence de techniques et de matériaux nouveaux permit la réalisation d'ouvrages plus audacieux et mieux maîtrisés, utilisant la fonte, le métal, puis le béton.
Au XIV ème siècle, Paris n'avait encore que deux ponts, le Petit Pont et le Grand Pont reliant l'actuelle île de la Cité aux deux rives. Les ouvrages construits jusqu'au XVIIème siècle, toujours centrés sur cette île, ont densifié sa liaison aux rives. A cette époque, les maisons construites sur les ponts leur donnent la physionomie d'une rue et cachent la Seine au passant.Le Pont-Neuf rompt avec cette tradition séculaire en France et en Europe. Né de la volonté royale, commencé en 1578, il est le premier à ne plus porter de maison. Par sa position privilégiée, à la pointe de l'île, il offre un regard sur le fleuve et la ville. Ce belvédère, entièrement dévolu à la contemplation et à la déambulation eut le plus grand succès |
Les siècles suivants
ont vu, en même temps que le déploiement de la ville, la multiplication des ponts
égrenés le long de la Seine. A partir du XVIIème siècle, le pont est devenu le prolongement de plans
urbains de plus en plus élaborés. Il devient le reflet d'une volonté politique autant
que d'un souci utilitaire. Le XIXème siècle rationalise la ville. Les ponts prolongent le
percement de voies nouvelles lors des grands travaux d'Haussmann. L'évolution des moyens
de transport et les exigences de la circulation deviennent les plus déterminantes, et
engendrent des ouvrages spécifiques tels que les ponts du métro aérien. Cet aspect présente plusieurs visages. Le pont dialogue avec le " paysage urbain " en même temps qu'il le modèle, par l'interaction entre la Seine et la ville.
Les premiers ponts médiévaux, construits avant tout à des fins utilitaires, ne manifestent pas d'attention au décor dont ils auraient pu être le support. L'admiration que provoquait le pont Notre-Dame se concentrait plus sur les maisons jaillissant du tablier que sur les arches du pont. A l'aube du XVII ème siècle, le Pont-Neuf mêle les réminiscences médiévales et les nouveautés italiennes de la Renaissance comme le démontre la corniche monumentale soutenue par la rangée des célèbres mascarons. Dans les siècles suivants, le décor du pont se limite le plus souvent à son ordonnance architecturale très soignée, au pont Royal en 1635 comme, plus tard en 1791, au pont de la Concorde.Les Lumières produisirent, en même temps que d'ambitieux plans d'embellissement de Paris, de nouveaux modèles de ponts baroques. Sous l'influence de modèles piranéséens, la profusion de sculptures accompagne un vocabulaire architectural classique. L'imaginaire artistique s'en imprègne pour créer des vendetta dont celles d Hubert Robert sont parmi les plus chimériques. Au XIX ème siècle à l'égal des autres édifices publics, le pont devient le support d'importants programmes décoratifs. La pierre et le métal s'ornent de motifs sculptés, allégoriques le plus souvent.
Jusqu'au XVIll ème siècle, les ponts étaient le lieu d'une animation constante, en raison notamment des activités artisanales et commerçantes qui s'y tenaient. Les événements historiques croisent la vie quotidienne : entrées royales, fêtes et révolution vinrent émailler le va et vient continuel.Le Pont-Neuf, à lui seul, est déjà un résumé de l'activité parisienne. Lieu de promenade, il attirait badauds et passants par les activités diverses dont il était le théâtre. Il est omniprésent tant dans les arts savants que dans les arts populaires. Après le XVIII ème siècle, avec l'interdiction des commerces, le Pont-Neuf perdit son effervescence. Au XIXème siècle, le pont des Arts, réservé aux piétons, devint lui aussi un lieu de flânerie et tout récemment un lieu d'exposition.--------------------- |
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