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fil de la Seine , A
L'heure du grand débat entre partisans du transport routier
et partisans du transport ferré, les pouvoirs publics
semblent avoir oublié le transport fluvial qui connaît
pourtant un développement sans précédent en Europe.
Quelle est votre vision de l'avenir fluvial moins coûteux et moins
dangereux ?
Jean-Claude Gayssot : Le
transport fluvial a effectivement été longtemps laissé de côté,
alors que je crois au contraire à son avenir et à son importance
dans une perspective de développement durable. J'ai donc engagé
une politique de développement et de modernisation. Dès 1997, j'ai
augmenté la part du budget de mon ministère consacré aux voies
navigables qui est ainsi passé de 350 MF à 550 MF en 2001.
Cette augmentation très nette s'est accompagnée d'une contractualisation
avec toutes les Régions intéressées par la fiabilisation et la
modernisation des infrastructures de transport fluvial dont elles
disposent. Le budget d'investissement de l'établissement public
"Voies Navigables de France" se situe donc aujourd'hui
à plus de 850 MF/an.
Ce budget permet de conduire des programmes significatifs de
fiabilisation et de modernisation des infrastructures existantes.
C'est une priorité absolue pour enrayer le déclin du transport
fluvial.
Parallèlement, dès 1998, j'ai signé avec les professionnels du
secteur, un contrat de modernisation du transport fluvial. Il
s'agissait de clarifier les perspectives concernant la fin du
"tour de rôle" mis en place en 1942, et de préciser les
moyens permettant de renouveler le matériel fluvial et de créer de
nombreux emplois de personnels (navigants ou non dans ce secteur.
Les résultats obtenus en 1998, .1999 et 2000 (+ 28 % de trafic en tonnes/km
en trois ans) montrent que les pouvoirs publics ont eu
raison d'enrayer le déclin et de construire les nouvelles bases
dont ce secteur a besoin -pour se développer.
Dans de nombreuses régions françaises, et singulièrement dans
celles qui forment le bassin parisien, le transport maritime et le
transport fluvial jouent d'ores et déjà un rôle essentiel. Notre
objectif, traduit en Île-de-France dans le plan des déplacements
urbains, est de réduire la part modale du transport routier de
marchandises
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en augmentant les parts des modes maritimes (les ports
franciliens sont accessibles "en droiture" à partir de tous les ports européens par des
navires fluvio-maritimes de 4.000 tonnes de port en lourd),
ferroviaires et fluviaux. Nous favorisons les combinatoires entre
modes les plus sûrs et les plus économes, y compris pour ce qui
est de la logistique urbaine.
En dix ans, le transport fluvial de marchandises devrait pouvoir
doubler, participant à réduire la pression que le "tout
routier" fait encore subir à notre pays.
Au fil de la Seine :
Beaucoup de riverains se plaignent de l'abandon dans
lequel sont laissés les rives, les ports, les écluses. Le
ministre de l'équipement a-t-il un projet de
réhabilitation des installations fluviales ?
Jean-Claude Gayssot : C'est une composante
essentielle de la politique engagée. Il en va autant de la qualité
de services que de la qualité de I'insertion de ce mode de
transport dans son environnement. L'augmentation du budget de
l'État consacré aux voies navigables et l'abondement par les
Régions intéressées ont permis à l'établissement public
"Voies Navigables de France" d'engager des programmes
structurés de fiabilisation et de modernisation des écluses et
barrages. Il faudra selon les Régions, de dix à quinze ans
d'efforts soutenus pour fiabiliser et moderniser ce patrimoine
important. C'est une priorité essentielle pour le fonctionnement
hydraulique des rivières aménagées et des canaux.
La réhabilitation et la modernisation des ports
est également importante. Parmi ceux-ci, certains (200 en Île-de-France)
sont privés; L'État invite les entreprises propriétaires de ces
installations a réhabiliter, ou lorsqu'elles n'ont plus d'utilité,
à les détruire. D'autres ports (70 en Ile-deFrance) sont publics.
ils sont exploités en Île-de-France par l'établissement public
"Port autonome de Paris" et hors Ile-deFrance par les
Chambres de Commerce et d'industrie. L'État pèse pour que les
exploitants réhabilitent les sites portuaires. En Île-de-France, le
port autonome de Paris est actif pour dépolluer les terrains qui
lui ont été confiés, les aménager et réaliser les infrastructures
de base nécessaires.
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Il en est de même hors Île-de-France, par
exemple à Lille, Colmar, Reims, Dijon ou Arles.
L'entretien des berges des fleuves relève des
propriétaires riverains. Lorsque ceux-ci sont défaillants, les
communes (ou des syndicats de communes) peuvent se substituer à eux
pour entretenir ou aménager les berges. Pour réaliser des
programmes structurés d'aménagement de berges, les communes (ou
leurs syndicats) peuvent, en Ile-deFrance, mobiliser des aides
financières des Conseils généraux et du Conseil régional. Ces
aides atteignent souvent près de 80 % du coût des projets et
permettent, lorsqu'une intervention publique est nécessaire, de
progresser.
Au fil de la Seine : Les
élus des communes riveraines de la Seine ont comme
interlocuteurs Voies Navigables de France, le Port Autonome
de Paris, le Service de la Navigation de la Seine, plusieurs
ministères différents, la Région, les Départements, etc.
N'y aurait-il pas, pour mieux réaliser une politique d'ensemble et
concertée, besoin d'un peu de cohésion
?
Jean-Claude Gayssot - Les villes ont
longtemps tourné le dos à "leur fleuve" en utilisant les
berges pour y installer des entreprises polluantes ou des voies
routières. Aujourd'hui, les élus redécouvrent que leurs villes
sont installées au bord des fleuves et que les fleuves apportent
beaucoup à un fonctionnement urbain harmonieux. Il faut s'en
féliciter et veiller à ce que soient conciliées les différentes
fonctions de la voie d'eau (gestion quantitative et qualitative de
l'eau pour l'approvisionnement en eau -potable, pour l'agriculture
et pour l'industrie; prévention des inondations; amélioration de
la qualité du milieu; transport de passagers et de marchandises;
activités culturelles, sportives et de loisirs; etc.).
La voie d'eau est la seule infrastructure de
transport qui soit aussi un milieu vivant. Pour cette raison, je ne
pense pas qu'il faille qu'elle devienne l'objet d'un interlocuteur
unique qui l'exploiterait à son seul avantage. Le rapport que les
villes entretiennent avec "leur" fleuve est normalement
complexe, dans notre pays comme en Europe et partout dans le monde.
Il importe que les élus s'intéressent à ce rapport complexe et
s'impliquent pour que toutes les fonctions de la voie d'eau soient
respectées.
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