Rolleboise rêve à son chemin de halage
Un
beau cheminement à ressusciter !
Située
à 10 km de
Mantes-la-Jolie, Rolleboise
tient son nom de l'habitude qu'avaient autrefois ses
habitants de faire rouler le bois des hauteurs du village jusque dans la Seine. Le village, installé dans une
boucle de la. Seine, inspira plusieurs peintres dont Corot.
Le maire de Rolleboise parle de sa commune et de la Seine.
Rolleboise n'est pas compris dans l'emprise du
Parc naturel régional du Vexin français, créé en 1995, mais la
communauté d'agglomération est "ville porte", ce qui
assure une protection des paysages mais ne donne droit à aucune
aide financière. "Les villes portes" sont des communes
urbaines situées à la périphérie d'un parc naturel régional.
Elles sont associées par convention à certaines actions du parc et
participent à son financement.
Les peintres Alfred Veillet, Maximilien Luce,
Ridgway Knight ou encore le sculpteur Herbert Ward ont séjourné et
travaillé à Rolleboise à la fin du XIXème siècle et au début
du XXème siècle mais il ne nous reste rien de cette époque, si ce
n'est les maisons où ils habitaient, qui sont privées et ont été
modifiées. Les peintures de Maximilien Luce que possédait la
commune ont été confiées au musée de l'Hôtel-Dieu de Mantes.
Veillet et Luce sont enterrés dans le cimetière du village. C'est
un passé qui a disparu.
Relation avec la Seine
Nous sommes en vue du barrage-écluse de
Méricourt et de gros porteurs naviguent devant Rolleboise. Le
transport fluvial se développe et c'est tant mieux, mais du coup,
plus personne ne va sur la Seine.
Avant, les habitants de Rolleboise avaient leurs
petits bateaux pour pêcher, se promener ou gagner l'autre rive. Ils
les amarraient sur la berge avec une corde attachée à un piquet.
Maintenant, ce n'est plus possible. Il y a encore un pêcheur
professionnel dans le secteur de Bonnières-sur-Seine et quelques
amateurs qui pêchent des rives, c'est tout.
Il reste des bouts du chemin de halage et on
espère pouvoir le reconstituer un jour mais cela ne pourra se faire
au niveau communal à cause du coût. Il y a une volonté affirmée
de recréer un cheminement de Mantes au barrage mais on n'en est pas
là. Il va d'abord falloir éclaircir les problèmes de propriété
du chemin. Il y a des superpositions de gestion, des parties qui ont
pu être rétrocédées à la commune, personne n'en sait rien. Cela
fait vingt ans que je fouille dans les archives pour résoudre cela.
En outre, des parties du chemin ont disparu dans la Seine avec
l'érosion des berges.
Le passage de gros bateaux est destructeur pour
les berges. Il y a quinze ans, 800 m de quais ont été refaits en
palplanches. Cela avait coûté huit millions de francs répartis
entre le département (95%) et la commune (5%). Aujourd'hui, il
faudrait refaire les 250 m de berges entre la mairie et le bas de la côte. D'abord,
il faudra avoir les autorisations et vaincre les
oppositions de l'architecte des Bâtiments de France et de la DIREN
qui craignent pour l'environnement. Pourtant, là il ne peut y avoir
que des palplanches, il n'y a pas d'autres solutions. Le végétal
et les enrochements ne suffisent pas. J'ai connu trois campagnes
d'enrochement. Ils ont tenu dix ans seulement à chaque fois. De
toute façon, même si la réfection des 250 m de berges était
financée à 80%, la commune ne pourrait pas mettre le reste sachant
que nous sommes confrontés par ailleurs à un problème
d'éboulements de falaise. Je risque d'être forcé d'interdire
certaines propriétés à l'habitation.
Au début du XIXème siècle, "La
Galiote", bateau halé par des chevaux, reliait Rolleboise à
Poissy. Aujourd'hui, un tel moyen de transport nécessiterait
l'autorisation du Service de la Navigation. Ce qui n'est pas
évident. Cela ne résoudrait pas notre problème de circulation:
entre 24.000 et 28.000 véhicules traversent chaque jour Rolleboise.
Maurice
Boudet,
maire de Rolleboise Mairie de Rolleboise
43 route Nationale
78270 ROLLEBOISE
0130932140
Extrait de "Au fil de la Seine"
juillet-août 2008
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