Madame,
Je
fais suite à mon entretien téléphonique du 12 mars avec
Monsieur Gaston THOMAS-BOURGNEUF.
J'ai
compris qu'à la suite du jugement prononcé en votre faveur
pour défaut d'autorisation d'occupation du domaine public
fluvial, vous aviez l'intention de faire détruire la péniche
« Écureuil » de mon fils Laurent.
A
cet égard les dispositions
relatives à la préservation du domaine public fluvial
sont claires dans son Article 68, art.L1127-3 :
« …Si
aucun propriétaire ne s'est manifesté dans un délai de six
mois, l'autorité administrative compétente déclare abandonné
le bateau, navire, engin flottant ou établissement flottant et
en transfère la propriété au gestionnaire du domaine public
fluvial concerné. Le gestionnaire peut procéder à la vente du
bien à l'expiration d'un délai de deux mois et sous réserve
des droits des créanciers privilégiés et hypothécaires ou
procéder à sa destruction à l'expiration de ce même délai, si
sa valeur marchande ne justifie pas sa mise en vente ».
Or,
outre le fait que ce navire a un propriétaire reconnu régulièrement
auprès de vos propres services (cf. vos appels à taxes de
stationnement), sa valeur vénale nette hors emplacement est
estimée à dire d'expert à 370.000 €. De plus il existe une
créance tierce exigible de 120.000 € sur ce navire
correspondant aux fonds apportés par sa mère pour réaliser
les travaux de reconstruction.
Il
est donc impossible de procéder au déchirage de cette péniche,
ou d'y consentir, sauf à violer sciemment les dispositions de
l'article L1127-3 et se mettre en défaut pour abus de droit.
Vous
ne pouvez que procéder à sa mise en vente, sans que les
conditions de cette mise en vente ne portent préjudice à son
propriétaire.
Je
vous demande donc, personnellement, de faire preuve de raison à
défaut d'indulgence et d'intervenir afin de faire suspendre
cette action.
Je
rappelle, comme vous le savez, que le port privé de CHATENAY
SUR SEINE accepte de louer un emplacement autorisé à mon fils
afin qu'il ne soit pas en infraction dès la sortie du bateau du
chantier MARCHETTO à Montereau.
A
défaut soyez certain que nous n'allons pas accepter sans rien
dire de voir détruire dans l'illégalité un bien représentant
des années d'économies. Dès à présent nous allons TOUT mettre
en œuvre pour diffuser largement cette information auprès
d'organismes, instances représentatives et médias qui saurons
apprécier la manière dont les VNF traitent la propriété privée
pour une infraction d'ordre réglementaire qui aujourd'hui ne
fait plus grief à personne.
Veuillez
agréer, Madame, l'expression de mes sentiments distingués.
Yannick
PICHELIN
16bis
rue Chanoine Poupard - 44300 - NANTES tél : 06 10 83 48 05
Copie
de cette lettre à :
Direction
des VNF, Préfet des Hauts de Seine, Ministère du Logement,
Ministère du Développement durable, ADIL, Commission Européenne
du droit à la propriété privée, médias