Meudon, le 2 octobre 2007,
Madame,
Monsieur,
J’ai
bien reçu votre avis d’imposition pour les taxes foncières de
2007, payables au 15.10.2007.
En
citoyenne et mère de famille responsable, souhaitant conserver des
relations de simplicité, de respect et d’équité avec
l’administration fiscale que vous représentez, je ne conteste pas
que participant en tant que riveraine à la vie de ma commune, je
doive participer financièrement à ses services dans la limite du
droit et d’une égalité de traitement avec les autres habitants
de la commune. Par exemple, bien que je ne bénéficie pas d’un
service de poubelles dédiées à mon habitation et que je doive
porter et déposer mes ordures dans des bacs communs loin de mon
bateau, je pense équitable de participer à la Taxe sur les ordures
ménagères.
Néanmoins,
concernant la Taxe Foncière, je tiens à attirer votre attention
sur le fait que la situation administrative du bateau-logement XXXX est incertaine et précaire.
Le
bien dont je suis propriétaire n’est pas un bien immobilier
puisqu’il s’agit d’un bateau. Selon l’article 531 du Code
Civil : « les bateaux, bacs, navires, moulins et bains
sur bateaux … sont meubles.
Immatriculé
PxxxxxxF, motorisé et en état de naviguer, le bateau xxxxxxxx
est en conformité avec les exigences techniques et administratives
des Voies Navigables de France, avec un titre de navigation n°0000/2006,
délivré le xx/xx/2006 par la Commission de Surveillance de Paris.
Ce bateau est donc par définition meuble et mobile et n’a pas de
fondations ou assises en maçonnerie, telles qu’il est impossibles
de les déplacer sans les démolir.
De
plus l’emplacement où est amarré le bateau n’est pas un
emplacement référencé par les Voies Navigables de France et ne bénéficie
pas en conséquence d’une Convention d’Occupation Temporaire. Il
est donc déplaçable à tout moment selon les exigences des Voies
Navigables de France, qui tentent d’ailleurs d’obtenir la
signature d’un arrêté préfectoral d’expulsion à court terme.
Certes
l’article 1381-3° du code général des impôts précise :
« les bateaux utilisés en un point fixe et aménagés pour
l’habitation, le commerce ou l’industrie, même s’ils sont
seulement retenus par des amarres sont également soumis à la taxe
foncière sur les propriétés bâties ». En revanche la
directive interne CD 6 C113 énonce « qu’un bateau
immatriculé sur les registres de l’inscription maritime et affecté
à l’habitation permanente de son propriétaire ne saurait être
imposé à la taxe foncière, dès lors que, étant en état de
naviguer, il ne serait pas utilisé en un point fixe – critère
essentiel d’imposition – nonobstant le fait que ses déplacements
seraient peu fréquents ».
En
conséquence, et surtout du fait que le bateau XXXXXXXX est à très
court terme sous le coup d’une expulsion, je trouverais injustifié
de devoir acquitter cette taxe foncière. Néanmoins je vous laisse
juge de votre décision, que vous voudrez bien me faire connaître
au plus tôt afin de ne pas avoir à régler en sus des indemnités
de retard le cas échéant.
Je
reste à votre disposition pour tout document ou information complémentaire
dont vous auriez besoin pour la résolution de cette affaire et vous
prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations.
XXXXX
XXXXXX