| Qu’est-ce
qu’un canal, si ce n’est, une succession de caisses d’eau plus
ou moins longues, de forme immuable, de profil étudié et compensé
par les écluses, et d’une alimentation proportionnée, comparable
à une tuyauterie munie de robinets ? Cette définition
d’Auguste MAHAUT, pourtant considéré comme le défenseur
acharné et l’« apôtre des canaux » est
volontairement réductrice. Il visait simplement, à faire
prendre conscience au gouvernement de l’époque, de la simplicité
et de l’intérêt économique de la construction de canaux, par
rapport à un aménagement dispendieux, contre nature et aléatoire
des cours d’eau. |
 |
|
Les
difficultés de navigation en Loire (crue, étiage, glaces,
sable…) et le besoin d’un moyen de transport fiable et régulier,
dans un contexte industriel et économique florissant, rendront
indispensable la construction de voies d’eau artificielles pour
compléter le réseau français.
C’est
à l’aube du 19ème siècle que va naître le projet du
Latéral. Il sera finalement ouvert à la navigation le 1er
mai 1838.
Il
déroule aujourd’hui environ 200 Km d’un calme ruban d’eau, tout
juste troublé par quelques colverts résidents ou par les manœuvres
parfois maladroites de plaisanciers amateurs de tranquillité. Rendu
à la nature et offert au tourisme nautique du fait de son faible
gabarit (celui de 1879), il fait oublier son passé laborieux :
plus de bruit de chargement et déchargement dans les ports, plus de
bousculade au passage des écluses ou des bassins de jonction, encore
moins de croisements délicats de péniches lourdement chargées et de
halage animal… Mais où sont donc passées les 1 891 000
t. de fret qui empruntaient encore ce chemin d’eau en 1936 ?
Sur le rail, sur la route… c’est plus souple et plus rapide !
Le canal avait éclipsé la Loire, au grand regret des
mariniers. Il sera lui-même sacrifié sur l’autel du progrès à
partir de la seconde Guerre Mondiale.
A
l’écluse de Digoin, 2 800 bateaux de plaisances (seulement
30 bateaux de commerce) ont emprunté en 2005 ce qui reste encore le
lien indispensable entre Rhône et Seine. Le signe
d’une renaissance ?
Cette
dernière rencontre de l’année sera l’occasion d’évoquer, au
fil de l’eau et à l’aide de nombreuses photographies et
d’archives, ce canal, de sa construction à son utilisation. |