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Tous les historiens s’accordent à
dire que la Loire était le fleuve le plus navigué de France. Il
n’était donc pas rare d’apercevoir les silhouettes caractéristiques
et graciles des gabarres, futreaux, sapines et autres inexplosibles.
A trop parler des bateliers ou voituriers par eaux, ces coureurs des
fleuves, ces aventuriers grands voyageurs, on en oublierait presque
tout le petit peuple sédentaire, ancré aux rives du fleuve royal.
D’autres embarcations, immobiles sur le chemin qui marche,
colonisaient le fleuve et partageaient l’espace, non sans gêner
ou empêcher parfois la navigation. Il y avait d’abord les
bateaux-lavoirs, grosses barges ventrues échouées dans les villes,
il y avait les toues-cabannées, ces maisons flottantes ou les
bascules des pêcheurs… Mais il y avait aussi les moulins
bateaux ou les moulins pendus qui, depuis le haut Moyen-âge,
jalonnaient le fleuve parfois par dizaines. |

Moulins pendus et moulins
bateaux en Loire
Montage
d’archives
18ème siècle
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Ils
plongeaient leurs roues à aubes dans le fleuve, ils écrasaient
sans relâche le grain et alimentaient ainsi en farine les
populations locales. Ils étaient la propriété du Roi, du
seigneur local, de l’abbaye proche ou d’un meunier au pied
fluvial et faisaient partie intégrante de la vie du fleuve à
une époque où on ne tournait pas encore le dos à la rivière.
Occupant le domaine fluvial de manière permanente et pas toujours
concertée, ils entraient alors en concurrence directe avec les
autres utilisateurs du fleuve : pêcheurs, mariniers, tireurs
de sable, lavandières, haleurs…. Aujourd’hui, 150 ans après
leur disparition, bien peu de traces subsistent de cette activité
jadis florissante.
Agrippés
aux tabliers, aux arches des ponts, les moulins pendus
avaient l’intérêt de pouvoir suivre le niveau des eaux au plus
près des regroupements urbains.
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La Loire voie
de communication, devint alors force motrice au service de la
fabrication de l’aliment le plus consommé et le plus
indispensable à la population : le pain. A côté des moulins
à vent, nombreux mais pourtant considérés en terre ligérienne,
comme auxiliaires à la meunerie hydraulique, les moulins de Loire
étaient devenus les premiers producteurs de farine. |
Arrimés
aux piles ou solidement ancrés en plein fleuve, les moulins
bateaux offraient les mêmes avantages, ainsi qu’une mobilité
parfaite, à la recherche des courants et des hauteurs d’eau
efficaces.
C’est à cette évocation de la petite histoire de la Loire, que
le Musée de la Loire de Cosne vous convie lors de cette
nouvelle rencontre. Documents d’archives et photographies
illustreront cette découverte des meuniers de la Loire.
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