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Les mariniers se défendent et écrivent
à Monsieur le Président de FAUVE
Cher Monsieur,
J’accuse réception de votre lettre du 9 courant et vous remercie de
son contenu. Il m’arrive effectivement de naviguer encore avec un petit bateau
de plaisance de 8m mais aussi quand un convoyage se présente. Naviguer en
traversant depuis la Hollande, la Belgique et nos canaux me replonge quelques
années en arrière. C’est toujours un réel plaisir quand j’interviens sur
les Forums pour apporter un soutien, des conseils à tous ceux qui découvrent
le monde des bateaux. Malheureusement, je suis obligé de vendre mon Saga car mon épouse
a de gros problèmes de santé. Mais, je continuerai à prendre la barre chaque
fois que cela me sera possible. A cette occasion, depuis quelques années, on peut
voir certaines réparations de berges comme sur le canal latéral à la Loire,
également des aménagements dans le Nord avec le reconditionnement de la Lys.
Par ci, par là, on assiste à quelques réalisations Des efforts ont été fait
également sur la Sambre pour encourager la plaisance car, il n’y a plus guère
de trafic en commerce. Mais, il y a tellement à faire après tant d’années
d’abandon que l’on se demande si l’on pourra rattraper le retard, ce que
je doute fort en tous cas. Sur certains secteurs, les matériaux employés
laissent rêveur et cela ressemble plus à du bricolage qu’une véritable
remise en ordre. Cela touche tous les secteurs, même le Grand Gabarit où je réside
vers Douai. La Deûle et le Canal de la Sensée pour rejoindre l’Escaut sont
entrain de se délabrer. Les berges s’effondrent et VNF répare en comblant
les trous avec de grosses pierres. En dessous l’écluse de Douai, une réparation
de fortune rend l’approche dangereuse pour la navigation. Quand on quitte l’Escaut
pour se diriger en Belgique, la frontière est évidente. Les berges sont
renforcées avec de grosses pierres, c’est large et navigable sans danger. Par
contre, en amont de Mortagne du Nord, pour rejoindre la première écluse, le chenal est matérialisé par des tiges de fer
dans laquelle on a enfilé une bouteille en plastique ! Il est impossible
d’accoster. Sur la Lys, une fois quitté la Deûle en prenant la direction
d’Armentières, la rivière sépare les deux pays. Côté Français : des
éboulements, une berge dégradée. Côté Belge, rives empierrées, du solide
et pour longtemps. Le canal de StQuentin et le canal de l’Oise à l’Aisne
sont eux aussi laissés à l’abandon. C’est un constat de carence permanent
partout. Quand les travaux de construction du Canal
Dunkerque-Valenciennes ont été réalisés, les berges ont été revêtues de
macadam, tout simplement. Le trafic intense avec les gros bateaux et de puissants
moteurs occasionne beaucoup de dégâts car le revêtement en goudron ne résiste
pas. Combien de fois n’ai-je pas cité en référence les réalisations
de nos voisins Belge et Hollandais, maîtres en matière de navigation. Quand,
lors des grandes inondations de la Somme, du Rhône sur Arles, de l’Oise nous
constatons chaque fois la faiblesse de nos travaux hydrauliques, le manque
d’entretien bien sûr, les constructions réalisées dans le lit des rivières,
etc..etc. et par voie de conséquences le gaspillage des deniers publics.
Les catastrophes qui s’en suivent donnent à penser que l’on a
compris la leçon mais pour combien de temps. Concrètement, il faudrait faire
l’inventaire des travaux qui ont été réalisés derrière pour apprécier
vraiment qu’il y ait eu une réelle prise
de conscience. Quand les étrangers naviguent chez nous que
doivent-ils penser de la France ? D’ailleurs, dans Fluvial de mars 05, un
navigateur Hollandais, F.Jansen, exprime sa décision de changer de destination
pour des raisons évidentes que je viens d’énumérer ci-dessus. C’est révélateur
et j’ai honte d’être Français quelque fois, un si beau Pays mal géré et
mal administré. Je me rends souvent en Hollande pour visiter les
sites de bateaux, il m’arrive d’y retourner en navigation et chaque fois, je
me dis qu’il faudrait que nos responsables concernés viennent voir comment il
faut faire. Comment, dans ce Pays on accorde de l’importance à la navigation.
Tout est conçu pour vous faciliter la vie. Des ports équipés, des écluses en
bon état, des équipements à la pointe du progrès, des horaires de navigation
cohérents La propreté règne partout. Bref, tout est pensé pour
naviguer avec aisance et en toute sécurité. Des services de secours sont omni
présents. KRNM veille et si vous vous trouvez en difficulté, ils viennent à
votre secours avec des moyens performants, gratuitement ! Manifestement, l’état d’esprit n’est pas le même
dans ce petit pays qui fait rêver plus d’un marin. C’est également vrai
dans les entreprises privées. Ils détiennent une volonté naturelle de
travailler et de vous satisfaire. J’ai vu tomber en panne avec un moteur sur
un bateau de plaisance. Le mécano est arrivé vers 9h30 à bord, il est
descendu avec sa caisse à outils pour sortir le Peugeot et ce sans
discontinuer, malgré une chaleur de juillet étouffante, en s’accordant une
pose casse-croûte d’une demie heure, il a achevé le travail pour repartir
vers 22H. On ne trouve pas cela chez nous. Aucun mécano ne sacrifiera autant de
temps pour satisfaire un client. Les 35Heures obligent…. Ou bien on n’a pas envie, ou bien notre système
n’encourage pas à travailler plus…..J’ai pu le constater en exerçant
deux professions indépendantes différentes dans ma vie professionnelle. Je vais terminer pour cette fois en vous remerciant
encore pour votre aimable coopération. Tout récemment, j’ai adressé un
courrier au Président de la Chambre de la Batellerie Artisanale, lui faisant
part du regard que j’apportais de l’extérieur et la réflexion que
j’avais pour ce merveilleux métier en voie de déclin pour les Artisans. Je vous laisse le soin de le publier si le jugez bon. Je le
remettrai également au journal Fluvial. Vous souhaitant bonne réception, je vous prie
d’agréer, Cher Monsieur, l’expression de mes plus cordiales salutations,
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