|
La Seine avait
déjà été un sujet d'inquiétude des pouvoirs publics, début
décembre, alors quelle venait de dépasser son seuil de vigilance
fixé à 2,50 m, atteignant plus de 2,80 m.
Lors de la
présentation du projet territorial de l'État pour l'Île-de-France, et
abordant le thème de la vigilance en matière de risque, Jean-Pierre
Duport, le préfet de région, faisait part de son inquiétude en matière
de prévention et de gestion des inondations : « Nous devons
organiser la vigilance et veiller à la mise en oeuvre des PPRI
(plan de prévention des risques d'inondation).
Dans le cas d'une crue de 1910, il est vraisemblable que le
réseau du métro serait en rideau pendant quelques semaines »,
pronostiquait-il.
Il existe 27
PPRI en Île-de-France dont 7 sont achevés. Notamment dans le
Val-d'Oise, le Val-de-Marne, et d'ans l'Essonne, où il a été approuvé
et mis en application par anticipation. C'est le préfet qui prescrit,
inscrit la procédure et arrête le PPRI. Il peut concerner plusieurs
communes touchées par une même rivière en crue et a très souvent une
extension départementale.
Son
objectif est de diminuer la vulnérabilité en essayant de limiter
le nombre de personnes exposées aux risques. Il s'agit dans ce cas
précis de contenir la densification dans les zones urbaines. « Des
actions immédiates de modification de l'habitat peuvent également
être prescrites par le PPRI, comme la mise hors d'eau des
alimentations électriques », explique Jean-loup Berdoulat,
responsable de l'unité information, cartographie et préventions des
risques de la Direction régionale de l'environnement (Diren). Cet
organisme a une action d'impulsion, de coordination, de contrôle et de financement
des PPRI. Celui de Paris a été lancé en juin 1998 mais n'est pas encore
achevé. |
Au conseil
régional d'Île-de-France, la question était également jugée
préoccupante, « Les risques sont réels. Il faut être capable
de vivre avec un événement exceptionnel sans que les
conséquences soient dramatiques. Ce qui s'est passé
dans la Somme a démontré que quel que soit le niveau de protection, il
peut être dépassé », commentait Alain Rist, vice-président
chargé de l'environnement. Lors de la dernière commission permanente du
20 décembre, 4,50 millions d' € ont
été votés pour réguler les crues de la Seine. Des aires de sur stockage
sur des espaces inhabités et aménagés devraient être réalisées afin
d'éviter la concomitance des crues de l'Oise et de l'Aisne. Jean-Paul
Huchon s'est récemment déclaré « favorable à une gestion
inter-régionale par bassin, avec la création d'un établissement
public sur le modèle de celui de
la Loire, l'Epala ».
Pour l'heure,
c'est l'Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du
bassin de la Seine (IIBRBS), établissement public, qui gère
les 4 barrages réservoirs sur l'Yonne, la Seine, la Marne, et l'Aube.
Lors de pluies abondantes, ils ont pour fonction, quand la rivière
gonfle, et sort de son lit, de détourner par un canal une partie de cette
eau, pour l'amener dans un lac où elle est stockée. Le débit de la
rivière diminue alors en aval.
Pour Pascal Popelin, président de l'IIBRBS et vice-président du
conseil général de Seine-Saint-Denis, « une crue de type 1910 peut
arriver à n'importe quel moment Il n'y a pas plus de raisons cette année mais
pas moins non plus ».
Pour qu'il
y ait une crue, il faut qu'il y ait
conjonction d'un certain nombre de facteurs exceptionnels
: que les nappes phréatiques soient saturées, et c'est actuellement le
cas, qu'il y ait une forte pluviosité pendant une période pas forcément
longue, mais intense sur l'ensemble du bassin et que la Seine, l'Yonne, la
Marne et l'Aube soient en crue en même temps. |
«
Dans le cas d'une inondation exceptionnelle, nous serions
aujourd'hui à 60 cm en dessous du niveau de crue de 1910, (en
1910 la Seine était à 8,62 m) grâce à nos
installations. Une telle crue serait beaucoup plus grave
aujourd'hui car elle paralyserait une région qui n'avait pas, à
l'époque, une activité économique aussi importante »,
ajoute Pascal Popelin.
Actuellement, l'IIBRBS travaille sur trois possibilités d'action. Celle
de La Bassée pour laquelle des concertations viennent de
s'engager avec les acteurs locaux. Mais la décision de faire aboutir ou
non ce projet ne sera prise qu'en 2004. Selon Pascal Popelin « ce
projet nous semble être celui qui doit être le premier mis
en oeuvre. L'enfant terrible sur le bassin de la Seine, c'est l'Yonne.
Elle est le plus souvent en crue, avec un débit difficile à
canaliser. Or, nous avons peu de possibilité d'agir sur l'Yonne.
La Bassée est en amont de l'Yonne et permettrait de retenir les
pics de crue de la Seine pour laisser passer ceux de l'Yonne
en cas de concomitance de crue de ces deux
fleuves.
Mais on ne sait pas
si on aboutira
».
Le coût de l'étude s'élève à vingt millions de francs, elle est
cofinancée par la région, l'Agence de l'eau et l'IIBRBS et la Diren)
Deuxième étude, celle du lac des côtes de Champagne (au nord du lac
réservoir de la, Marne). Elle est
achevée mais elle n'est pas la première retenue en ce qui concerne sa
mise en oeuvre. L'impact s'exercerait cette fois en terme de soutien
d'étiage. Quant à envisager une action sur l'Yonne celle-ci en est au
terme de la réflexion.
Pour l'heure, les 16 stations d'annonce de crue d'Île-de-France
sont sur le qui-vive, même si les prévisions font état d'une
stabilisation, puis d'une redescende du niveau de la Seine à partir de
demain.
Retour
Union des victimes
|