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Cet article est paru dans le "FIGARO" du 2 janvier 2002 sous la Signature de Corinne Caillaud

La Seine avait déjà été un sujet d'inquiétude des pouvoirs publics, début décembre, alors quelle venait de dépasser son seuil de vigilance fixé à 2,50 m, atteignant plus de 2,80 m.

Lors de la présentation du projet territorial de l'État pour l'Île-de-France, et abordant le thème de la vigilance en matière de risque, Jean-Pierre Duport, le préfet de région, faisait part de son inquiétude en matière de prévention et de gestion des inondations : « Nous devons organiser la vigilance et veiller à la mise en oeuvre des PPRI (plan de prévention des risques d'inondation). Dans le cas d'une crue de 1910, il est vraisemblable que le réseau du métro serait en rideau pendant quelques semaines », pronostiquait-il.

Il existe 27 PPRI en Île-de-France dont 7 sont achevés. Notamment dans le Val-d'Oise, le Val-de-Marne, et d'ans l'Essonne, où il a été approuvé et mis en application par anticipation. C'est le préfet qui prescrit, inscrit la procédure et arrête le PPRI. Il peut concerner plusieurs communes touchées par une même rivière en crue et a très souvent une extension départementale.

Son objectif est de diminuer la vulnérabilité en essayant de limiter le nombre de personnes exposées aux risques. Il s'agit dans ce cas précis de contenir la densification dans les zones urbaines. « Des actions immédiates de modification de l'habitat peuvent également être prescrites par le PPRI, comme la mise hors d'eau des alimentations électriques », explique Jean-loup Berdoulat, responsable de l'unité information, cartographie et préventions des risques de la Direction régionale de l'environnement (Diren). Cet organisme a une action d'impulsion, de coordination, de contrôle et de financement des PPRI. Celui de Paris a été lancé en juin 1998 mais n'est pas encore achevé.

Au conseil régional d'Île-de-France, la question était également jugée préoccupante, « Les risques sont réels. Il faut être capable de vivre avec un événement exceptionnel sans que les conséquences soient dramatiques. Ce qui s'est passé dans la Somme a démontré que quel que soit le niveau de protection, il peut être dépassé », commentait Alain Rist, vice-président chargé de l'environnement. Lors de la dernière commission permanente du 20 décembre, 4,50 millions d' € ont été votés pour réguler les crues de la Seine. Des aires de sur stockage sur des espaces inhabités et aménagés devraient être réalisées afin d'éviter la concomitance des crues de l'Oise et de l'Aisne. Jean-Paul Huchon s'est récemment déclaré « favorable à une gestion inter-régionale par bassin, avec la création d'un établissement public sur le modèle de celui de la Loire, l'Epala ».

Pour l'heure, c'est l'Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine (IIBRBS), établissement public, qui gère les 4 barrages réservoirs sur l'Yonne, la Seine, la Marne, et l'Aube. Lors de pluies abondantes, ils ont pour fonction, quand la rivière gonfle, et sort de son lit, de détourner par un canal une partie de cette eau, pour l'amener dans un lac où elle est stockée. Le débit de la rivière diminue alors en aval.
 Pour Pascal Popelin, président de l'IIBRBS et vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, « une crue de type 1910 peut arriver à n'importe quel moment Il n'y a pas plus de raisons cette année mais pas moins non plus ».

Pour qu'il y ait une crue, il faut qu'il y ait conjonction d'un certain nombre de facteurs exceptionnels : que les nappes phréatiques soient saturées, et c'est actuellement le cas, qu'il y ait une forte pluviosité pendant une période pas forcément longue, mais intense sur l'ensemble du bassin et que la Seine, l'Yonne, la Marne et l'Aube soient en crue en même temps.

 « Dans le cas d'une inondation exceptionnelle, nous serions aujourd'hui à 60 cm en dessous du niveau de crue de 1910, (en 1910 la Seine était à 8,62 m) grâce à nos installations. Une telle crue serait beaucoup plus grave aujourd'hui car elle paralyserait une région qui n'avait pas, à l'époque, une activité économique aussi importante », ajoute Pascal Popelin.

Actuellement, l'IIBRBS travaille sur trois possibilités d'action. Celle de La Bassée pour laquelle des concertations viennent de s'engager avec les acteurs locaux. Mais la décision de faire aboutir ou non ce projet ne sera prise qu'en 2004. Selon Pascal Popelin « ce projet nous semble être celui qui doit être le premier mis en oeuvre. L'enfant terrible sur le bassin de la Seine, c'est l'Yonne. Elle est le plus souvent en crue, avec un débit difficile à canaliser. Or, nous avons peu de possibilité d'agir sur l'Yonne. La Bassée est en amont de l'Yonne et permettrait de retenir les pics de crue de la Seine pour laisser passer ceux de l'Yonne en cas de concomitance de crue de ces
deux fleuves.
Mais on ne sait pas si on aboutira ».

Le coût de l'étude s'élève à vingt millions de francs, elle est cofinancée par la région, l'Agence de l'eau et l'IIBRBS et la Diren)

Deuxième étude, celle du lac des côtes de Champagne (au nord du lac réservoir de la, Marne). Elle est achevée mais elle n'est pas la première retenue en ce qui concerne sa mise en oeuvre. L'impact s'exercerait cette fois en terme de soutien d'étiage. Quant à envisager une action sur l'Yonne celle-ci en est au terme de la réflexion.

Pour l'heure, les 16 stations d'annonce de crue  d'Île-de-France sont sur le qui-vive, même si les prévisions font état d'une stabilisation, puis d'une redescende du niveau de la Seine à partir de demain.

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